Myriophylle à épis

(Myriophyllum spicatum)

Une menace réelle pour les lacs

La myriophylle à épis est une véritable menace pour les lacs. Originaire de l’Eurasie, elle est présente dans plus d’une centaine de lacs au Québec.

Cette plante submergée ou émergente enracinée au substrat peut pousser jusqu’à des profondeurs de 10 mètres et former des herbiers denses. Il existe six espèces de myriophylle indigène. Pour les différencier de l’espèce exotique, s’il y a plus de 15 paires de folioles par feuilles, il s’agit fort probablement du myriophylle à épi. De plus, les tiges sont abondamment ramifiées et près de la surface.

Afin de bien la différencier des autres espèces indigènes, vous pouvez consulter la fiche sur le myriophylle élaborée par le MDDELCC.

Source des images : MDDELCC

Plusieurs qualifient le myriophylle à épis de « plante zombie » puisque son mode de propagation le rend extrêmement envahissant. Ce macrophyte se reproduit par bouture, c’est-à-dire qu’un seul petit fragment peut suffire à générer un nouveau spécimen.

De cette manière, en seulement quelques années, cette plante peut former d’immenses herbiers très denses, compromettant la biodiversité du lac, tant au niveau de la flore, en étouffant les autres espèces de plantes aquatiques, qu’au niveau de la faune en envahissant les habitats des poissons et de certains invertébrés.

De plus, ces grands herbiers peuvent nuire de manière esthétique aux plans d’eau (mauvaises odeurs dues à la décomposition des plants morts, herbiers denses de couleur brune, etc.), ainsi qu’aux activités récréotouristiques (obstacle pour la baignade et la navigation).

La prévention
Présentement, le myriophylle à épis est absent des lacs de la municipalité de Rawdon. Cependant, il ne faut pas baisser sa garde puisque certains lacs de Rawdon sont peu profonds et leur bassin versant relativement habité, ce qui les rend plus sensibles à un envahissement.

La prévention est essentielle afin d’éviter sa propagation. Les vecteurs de cette plante peuvent être les plaisanciers et leur embarcation (bateau à moteur, motomarine, voilier, kayak, pédalo, remorque, etc.), les hydravions, l’aquariophilie (les jardins d’eau) et les oiseaux aquatiques (canard).

Afin de prévenir l’envahissement par des espèces exotiques aquatiques, suivez ces cinq étapes lors de chaque entrée et sortie d’un plan d’eau :

  1. INSPECTER : Avant et après la sortie de votre embarcation et de votre remorque d’un plan d’eau, regarder tout autour de vos équipements nautiques et rechercher la présence de plantes ou d’organismes vivants qui pourraient y être attachés. Porter une attention particulière aux hélices et à la coque de votre embarcation.
  2. RETIRER : Retirer tout fragment de plantes ou d’organismes vivants (moules, œufs de poissons ou d’invertébrés, etc.).
  3. VIDER : Vider l’eau de ballast ou de votre cale dès sa sortie de l’eau. Vider également vos viviers.
  4. LAVER : Laver, à l’aide d’une laveuse à pression ou d’une eau savonneuse votre embarcation (incluant votre vivier) et votre remorque. Utiliser un savon sans phosphate et biodégradable et effectuer la tâche à plus de 30 mètres d’un plan d’eau, d’un fossé ou d’un regard d’égout.
  5. SÉCHER: Si vous le pouvez, faites sécher votre embarcation et votre matériel au moins cinq jours avant de vous rendre sur un autre cours d’eau. Cette étape peut remplacer celle du lavage si l’humidité ambiante est inférieure à 65 % durant 5 jours.

Les moyens pour la contrôler
L’arrachage doit être strictement réalisé par des plongeurs professionnels. En effet, la fragmentation de la plante peut contribuer à étendre son emprise dans le lacs plutôt que de l’éradiquer. Cette méthode peut être efficace sur de petites zones et doit être répétée durant plusieurs années. Elle représente des coûts relativement élevés.

Lorsqu’aux prises avec des grandes colonies, certaines associations de lacs ont recours à l’étalage d’une toile de jute dans le fond du lac pour étouffer cette plante. Cette méthode s’avère très couteuse et son efficacité n’a pas encore été prouvée.

LA PRÉVENTION RESTE NOTRE MEILLEURE ALLIÉE CONTRE CETTE PLANTE NUISIBLE.

Pour en apprendre davantage, vous pouvez consulter les liens suivants :

  1. CRE Laurentides, Les plantes exotiques envahissantes, le Myriophylle en épis, petit guide pour ne pas être envahi
  2. Espèces exotiques envahissantes – Myriophylle à épis