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Lacs

Le vieillissement prématuré des lacs de villégiature

L’eutrophisation est synonyme du vieillissement naturel des lacs. Les lacs ont une espérance de vie de plusieurs milliers d’années. Ils naissent avec une eau claire, puis ils s’envasent progressivement. Au fil des ans, ils se transforment et deviennent des étangs, des tourbières pour finalement disparaître sous forme de prairies.

Le problème actuel est que le vieillissement des lacs est fortement accéléré par les activités humaines. Une accélération telle qu’au lieu de vieillir sur plusieurs milliers d’années, on pourra en voir les effets à l’échelle d’une vie humaine.

Figure 1 : L’eutrophisation des lacs

Eutrophisation des lacs

La figure 1 présente le processus d’eutrophisation naturelle et celui accéléré par les activités humaines.

Selon le degré d’avancement de l’eutrophisation, on classe les lacs dans l’un ou l’autre des trois niveaux trophiques suivants :

Oligotrophe
Un lac oligotrophe est un lac que l’on dit jeune et peu enrichi. Il est plutôt profond et les eaux y sont claires, offrant une bonne transparence en été. Le phosphore dans l’eau y est peu abondant. La croissance végétale se situe à différentes profondeurs et non uniquement près de la surface. On y trouve donc une eau de bonne qualité, généralement peu de plantes aquatiques nuisibles et pas de problèmes d’algues microscopiques. L’été, un lac oligotrophe a des concentrations en oxygène dissous élevées en profondeur, là où l’eau reste froide. Ce sont des conditions propices à la présence des truites, corégones et autres espèces appréciées des pêcheurs.

Mésotrophe
Les lacs mésotrophes occupent une place intermédiaire entre les deux extrêmes que sont les lacs oligotrophes et les lacs eutrophes. Leurs valeurs de transparence, de concentration en matières nutritives et d’oxygène dissous se situent entre celles des lacs oligotrophes et des lacs eutrophes. La perchaude est une des espèces caractéristiques des lacs mésotrophes.

Eutrophe
Les lacs eutrophes sont peu profonds, et ils présentent une eau chaude, trouble et de faible transparence. La concentration en oxygène dissous tend à diminuer en profondeur, rendant le milieu peu hospitalier pour des poissons comme la truite. Les espèces dominantes seront des espèces d’eau chaude comme l’achigan, la carpe et la barbotte, plus tolérantes aux températures plus chaudes et à une eau moins bien oxygénée. La grande capacité des lacs eutrophes à produire des algues et des plantes aquatiques, combinée à l’absence d’oxygène dans leur couche profonde, fait en sorte que cette matière organique produite en abondance dépasse largement la capacité d’autoépuration de ces lacs. L’incapacité du lac à recycler ou à assimiler cette matière biodégradable résulte en une accumulation de débris au fond du lac, ce qui réduit encore plus ses réserves d’oxygène.

Pour en savoir plus sur l’eutrophisation, consulter le lien suivant :
Qu’est-ce que l’eutrophisation

algue bleu
Source : MDDELCC

Algues bleu-vert (cyanobactéries)
Les algues bleu-vert (cyanobactéries) sont des micro-organismes aquatiques qui peuvent, sous certaines conditions, proliférer de façon excessive. Elles se multiplient principalement en été, dans des eaux riches en matières nutritives. Lorsqu’elles sont très abondantes, elles forment des « fleurs d’eau », ou même de l’écume, visibles sur une partie ou sur l’ensemble d’un plan d’eau. L’eau peut prendre une apparence de peinture verte ou d’une soupe au brocoli ou aux pois.

Pour en savoir plus sur les algues bleu-vert, consultez les liens suivants :

Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries

Algues bleu-vert

Actions pour ralentir l’eutrophisation des lacs et diminuer les occurrences de cyanobactéries
Pour ralentir l’eutrophisation des lacs et diminuer les occurrences de cyanobactéries, il faut réduire à la source le phosphore et limiter son exportation vers les lacs. Ce travail demande la collaboration de tous, compte tenu que le phosphore provient de sources diffuses et ponctuelles dans tout le bassin versant des lacs.

Voici des actions à entreprendre pour arriver à diminuer les apports en phosphore aux lacs :

Citoyens, commerçants et entreprises

  • Redonner un aspect naturel à la rive des lacs et des cours d’eau. Pour ce faire, il faut arrêter de couper le gazon dans la rive (d’une largeur de 10 à 15 mètres dépendamment de la pente), afin que des arbustes poussent naturellement. Il faut également aménager un seul accès au lac par propriété, de façon à minimiser l’enlèvement de la végétation.
  • Ne pas appliquer d’engrais dans la rive.
  • Stabiliser toute zone en érosion dans la rive, par la plantation d’arbustes ou en ayant recours à des spécialistes pouvant recommander des techniques de génie-végétal.
  • Bien entretenir son installation sanitaire et corriger toute déficience de celle-ci, afin qu’elle ne représente pas une source de pollution des eaux de surface.

Citoyens ayant des activités agricoles et/ou des animaux de ferme

  • Redonner un aspect naturel à la rive des cours d’eau rejoignant les lacs
  • Ne pas appliquer d’engrais dans la rive.
  • Interdire l’accès des animaux aux cours d’eau.
  • Stabiliser toute zone en érosion dans la rive ou dans les fossés.
  • Continuer d’adopter des pratiques agroenvironnementales.

Municipalité

  • Sensibiliser les citoyens à protéger les lacs et les cours d’eau (via des articles, des documents d’information, des rencontres, des conférences, des pancartes routières, etc.).
  • Planifier des interventions visant à protéger les rives (ex. : renaturalisation des rives municipales) et visant à améliorer la qualité des eaux rejoignant le lac (ex. : ouvrages de filtration et de rétention des eaux).
  • Faire appliquer la réglementation visant à protéger les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau.

Document pour téléchargement : Vivre au bord de l’eau