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Espèces exotiques envahissantes (EEE)

Une plante exotique et envahissante est une plante originaire d’un autre continent, d’une autre région de l’Amérique du Nord ou tout simplement d’une autre province du Canada et qui est capable de croître et de se reproduire dans un habitat d’une manière telle, qu’elle représente une menace pour la biodiversité, l’économie ou la société.

Lorsqu’une espèce exotique et envahissante colonise un milieu, elle forme généralement de grandes monocultures, changeant ainsi le paysage et modifiant les habitats des espèces indigènes (qui vivent dans leur aire de répartition naturelle ou de dispersion potentielle).

Certaines plantes ont été introduites au Québec de manière accidentelle (ex. : eau de ballast des bateaux) ou intentionnelle (plante importée pour ses qualités ornementales, mais qui s’est échappée des jardins).

Il est important de savoir les identifier, afin d’éviter leur dispersion et de connaître les moyens de les contrôler.

Consultez les fiches au bas de la page pour en apprendre davantage sur différentes espèces exotiques envahissantes.

Pour connaître la liste de toutes les espèces exotiques et envahissantes, potentiellement présentes au Québec ou pour déclarer vos observations, vous pouvez consulter l’outil de détection  SENTINELLE, développé par le MELCC.


(Heracleum mantegazzianum)

Attention, le contact avec la sève de cette plante contient une toxine qui est activée par la lumière et peut causer de graves lésions à la peau (brûlures).

La berce du Caucase a été introduite au Québec et est très envahissante. On retrouve cette géante dans les terrains vagues, les fossés, les milieux humides ou les champs. On la retrouve à quelques endroits dans la municipalité de Rawdon et celle-ci est enlevée à chaque année.

Voici quelques trucs afin de reconnaître la berce du Caucase :

  • Elle mesure de 2 à 5 mètres de hauteur;
  • Les feuilles peuvent atteindre de 1,5 à 3 mètres de longueur;
  • Les ombrelles (fleurs) mesurent de 25 à 50 cm et la tige est parsemée de marques rouges.

Faites cependant attention à ne pas la confondre avec sa cousine, la berce laineuse. Cette dernière est indigène. Bien qu’elle ne soit pas envahissante et moins toxique, elle peut néanmoins causer des lésions sur la peau.

Voici quelques indices et des images afin de différencier la berce laineuse de sa cousine exotique :

  • La berce laineuse ne mesure pas plus de 3 mètres;
  • La tige est recouverte de poils blancs, souples et laineux;
  • La feuille est plus petite et moins dentée.

Méthode de contrôle
Tout d’abord, éviter de planter et de semer cette plante.

Précaution particulière
Pour vous débarrasser de la berce du Caucase, vous devez la manipuler avec prudence. Couvrez toutes les parties de votre corps à l’aide de gants et de vêtements faits de matériaux synthétiques et imperméables. Si vous entrez en contact avec la sève de cette plante, lavez la zone touchée immédiatement et limitez votre exposition au soleil durant 48 heures.

Ensuite, utilisez un couteau ou une pelle ronde pour couper les tiges à environ 15 cm du sol. Retirez ensuite les racines avec votre pelle.

Mettez les plants dans des sacs de plastique noirs et pour les détruire, laissez-les au soleil durant une semaine avant de les mettre dans les poubelles.

Lorsqu’il y a la présence des inflorescences (fleurs), mettez-les dans des sacs de plastique hermétiques avant de couper les tiges, afin d’éviter la dispersion du pollen ou des graines.

Ne les mettez pas dans le bac brun (compost), car les graines pourraient se propager.

Finalement, ne laissez pas de sol à nu (sans végétation), planter des espèces indigènes rapidement. Cela peut prendre plusieurs années avant d’éradiquer la berce du Caucase.

Déclarez vos observations
Lorsque vous suspectez la présence de la berce du Caucase, communiquez avec la Municipalité par courriel (environnement@rawdon.ca) ou par téléphone au 450 834-2596, poste 7136. La Municipalité s’occupe de recenser cette espèce exotique envahissante auprès du réseau Sentinelle du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). De plus, nous pourrions vous soutenir dans vos efforts d’éradication de cette plante toxique.

Pour en apprendre davantage, vous pouvez consulter les liens suivants, provenant du site Internet du MELCC : la berce du Caucase

(Impatiens glandulifera)

Une beauté à double tranchant

Originaire de la région de l’Himalaya, en Asie, l’impatiente glanduleuse a été introduite au Canada au début des années 1900 comme plante ornementale. On la connait sous plusieurs noms : Impatiente de l’Himalaya, la balsamine de l’Himalaya ou la balsamine géante. Elle forme de grandes fleurs d’un rose vif. Le plant peut avoir d’un à deux mètres de hauteur.

Cette plante annuelle pousse près des plans d’eau, des milieux humides, sur le bord des fossés et des routes. Bien qu’elle soit reconnue pour ses qualités ornementales, il s’agit d’une compétitrice agressive. Elle domine rapidement les espèces indigènes et contribue à la baisse de la biodiversité locale. Son fruit, sous forme de cosse, explose lorsqu’il est touché, expulsant son contenu à plusieurs mètres à la ronde.

Il ne faut pas la confondre avec les espèces d’impatiente indigène :

  • Impatiente du Cap (fleur orange)
  • Impatiente pâle (fleur jaune)

Les moyens pour la contrôler
Arrachage :

  • Pourvue d’un système racinaire superficiel, son arrachage est facile;
  • L’arrachage doit se faire au printemps et au début de l’été (avant qu’elle ne produise des graines);
  • Afin d’augmenter la compétition, sur les sols mis à nu, planter des espèces indigènes alternatives à l’impatiente glanduleuse, telles que l’épilobe à feuilles étroites, le lis du Canada ou la lobélie cardinale.

Très important, les débris de l’impatiente glanduleuse doivent être mis dans des sacs hermétiques et envoyés dans un site d’enfouissement et non au compost. Il est possible que l’éradication prenne plusieurs années puisque les graines peuvent entrer en dormance et germer lorsque les conditions deviennent propices.

Pour en apprendre davantage, vous pouvez consulter les liens suivants :

  1. La fiche informative sur l’impatiente de l’Himalaya de la ville de Lévis
  2. La fiche explicative du Réseau Sentinelle du MELCC

(Myriophyllum spicatum)

Une menace réelle pour les lacs

Le myriophylle à épis est une véritable menace pour les lacs. Originaire de l’Eurasie, elle est présente dans plus d’une centaine de lacs au Québec.

Cette plante submergée ou émergente enracinée au substrat peut pousser jusqu’à des profondeurs de 10 mètres et former des herbiers denses. Il existe six espèces de myriophylle indigène. Pour les différencier de l’espèce exotique, s’il y a plus de 15 paires de folioles par feuilles, il s’agit fort probablement du myriophylle à épi. De plus, les tiges sont abondamment ramifiées et près de la surface.

Afin de bien la différencier des autres espèces indigènes, vous pouvez consulter la fiche sur le myriophylle élaborée par le MELCC.

Source des images : MELCC

Plusieurs qualifient le myriophylle à épis de « plante zombie » puisque son mode de propagation le rend extrêmement envahissant. Ce macrophyte se reproduit par bouture, c’est-à-dire qu’un seul petit fragment peut suffire à générer un nouveau spécimen.

De cette manière, en seulement quelques années, cette plante peut former d’immenses herbiers très denses, compromettant la biodiversité du lac, tant au niveau de la flore, en étouffant les autres espèces de plantes aquatiques, qu’au niveau de la faune en envahissant les habitats des poissons et de certains invertébrés.

De plus, ces grands herbiers peuvent nuire de manière esthétique aux plans d’eau (mauvaises odeurs dues à la décomposition des plants morts, herbiers denses de couleur brune, etc.), ainsi qu’aux activités récréotouristiques (obstacle pour la baignade et la navigation).

La prévention
Présentement, le myriophylle à épis est absent des lacs de la municipalité de Rawdon. Cependant, il ne faut pas baisser sa garde puisque certains lacs de Rawdon sont peu profonds et leur bassin versant relativement habité, ce qui les rend plus sensibles à un envahissement.

La prévention est essentielle afin d’éviter sa propagation. Les vecteurs de cette plante peuvent être les plaisanciers et leur embarcation (bateau à moteur, motomarine, voilier, kayak, pédalo, remorque, etc.), les hydravions, l’aquariophilie (les jardins d’eau) et les oiseaux aquatiques (canard).

Afin de prévenir l’envahissement par des espèces exotiques aquatiques, suivez ces cinq étapes lors de chaque entrée et sortie d’un plan d’eau :

  1. INSPECTER : Avant et après la sortie de votre embarcation et de votre remorque d’un plan d’eau, regarder tout autour de vos équipements nautiques et rechercher la présence de plantes ou d’organismes vivants qui pourraient y être attachés. Porter une attention particulière aux hélices et à la coque de votre embarcation.
  2. RETIRER : Retirer tout fragment de plantes ou d’organismes vivants (moules, œufs de poissons ou d’invertébrés, etc.).
  3. VIDER : Vider l’eau de ballast ou de votre cale dès sa sortie de l’eau. Vider également vos viviers.
  4. LAVER : Laver, à l’aide d’une laveuse à pression ou d’une eau savonneuse votre embarcation (incluant votre vivier) et votre remorque. Utiliser un savon sans phosphate et biodégradable et effectuer la tâche à plus de 30 mètres d’un plan d’eau, d’un fossé ou d’un regard d’égout.
  5. SÉCHER : Si vous le pouvez, faites sécher votre embarcation et votre matériel au moins cinq jours avant de vous rendre sur un autre cours d’eau. Cette étape peut remplacer celle du lavage si l’humidité ambiante est inférieure à 65 % durant 5 jours.

Les moyens pour la contrôler
L’arrachage doit être strictement réalisé par des plongeurs professionnels. En effet, la fragmentation de la plante peut contribuer à étendre son emprise dans le lacs plutôt que de l’éradiquer. Cette méthode peut être efficace sur de petites zones et doit être répétée durant plusieurs années. Elle représente des coûts relativement élevés.

Lorsqu’aux prises avec des grandes colonies, certaines associations de lacs ont recours à l’étalage d’une toile de jute dans le fond du lac pour étouffer cette plante. Cette méthode s’avère très couteuse et son efficacité n’a pas encore été prouvée.

La prévention reste notre meilleure alliée contre cette plante nuisible.

Pour en apprendre davantage, vous pouvez consulter les liens suivants :

  1. CRE Laurentides, Les plantes exotiques envahissantes, le Myriophylle en épis, petit guide pour ne pas être envahi
  2. Espèces exotiques envahissantes – Myriophylle à épis

 

(Reynoutria japonica)

Une championne de l’envahissement
Cette plante originaire d’Asie a été introduite au Québec au début du XXe siècle. On la retrouve près des plans d’eau, des milieux humides, sur le bord des fossés et des routes. La renouée du Japon possède des tiges creuses, très similaires au bambou. Elle peut avoir une hauteur de 1 à 3 mètres. Au mois de juillet et août, elle produit de nombreuses petites fleurs blanches, disposées en grappes à la base des feuilles. Les rhizomes, quant à eux, peuvent s’enfouir jusqu’à 2 mètres dans le sol et jusqu’à 7 mètres autour du plant.

Lorsque la renouée du Japon envahit un milieu, elle y forme de grandes colonies très denses. Elle empêche les autres végétaux de pousser à proximité en sécrétant une phytotoxine dans le sol.

Source des photographies : MELCC Réseau Sentinelle

Les moyens pour la contrôler
Selon l’Union Mondiale pour la nature (UICN), la renouée du Japon serait une des 100 pires espèces envahissantes de la planète. Il est très difficile, voire impossible de l’éradiquer. Il est possible cependant de contrôler son envahissement.

Pour les petites colonies (seulement quelques plants)

  • Petits spécimens (moins de 2 mètres de hauteur) : creuser un mètre de profondeur dans un rayon de deux mètres autour de chaque plant, afin d’enlever toutes les racines.
  • Spécimen de plus de 2 mètres de hauteur : creuser un mètre de profondeur dans un rayon de cinq mètres autour de chaque plant, afin d’enlever toutes les racines.
  • Remettez de la nouvelle matière de remplissage dans le trou formé et ensemencer ou planter immédiatement des espèces indigènes.

Pour les grandes colonies (plusieurs centaines de plants)

  • Couper les tiges de plus d’un mètre, deux fois par mois durant la saison de croissance (mai à octobre), afin d’affaiblir la plante;
  • Dans les cas extrêmes, vous pouvez procéder au retrait mécanique des plantes en ayant recours à de la machinerie;
  • Ensemencer les sols perturbés à l’aide d’espèces indigènes.

Très important, les débris de renouée doivent être mis dans des sacs hermétiques et envoyés dans un site d’enfouissement, car un seul petit fragment de la plante suffit à régénérer une nouvelle pousse.

Pour en apprendre davantage, vous pouvez consulter les sites Internet suivants :

Le carnet horticole et botanique de l’Espace pour la vie, Maladies, ravageurs et plantes indésirables

Le dépliant sur la renouée du Japon, réalisé par Nature Action Québec

 

 

(Phragmites australis)

Une graminée au pouvoir envahissant
Le roseau exotique (Phragmites australis), originaire de l’Eurasie, est très envahissant. Il a été induit au Québec au début du XXe siècle. Il s’est ensuite répandu le long des grands axes routiers dans les années 1960-1970. Le roseau exotique est présent sur une bonne partie de la province du Québec.

Lorsque cette plante s’installe dans un milieu, généralement en zone humide, près des fossés, cours d’eau et lac, elle l’envahit littéralement. Lorsqu’elle n’est pas contrôlée, elle se propage jusqu’à établir une monoculture et à pousser les autres plantes vers d’autres milieux. Cette monoculture compromet les espèces indigènes qui ont du mal à résister à cet envahisseur.

De plus, la présence de colonie dense compromet les activités humaines, telles que la baignade et les activités nautiques.

Fait intéressant, une seule tige de roseau peut produire de 1 000 à 2 000 graines. Dans une roselière (colonie de roseaux), il peut y avoir, en moyenne, 300 tiges par mètre carré et la colonie peut avancer dans un nouveau milieu de plusieurs mètres en quelques semaines. De plus, une tige peut croître jusqu’à 4 cm par jour !

 

Les moyens pour la contrôler
Il faut répéter ces éléments jusqu’à l’éradication :

Fauchage : coupez les tiges et récupérez-les. Les jeunes pousses peuvent être fauchées à au moins 1 cm au-dessus du sol toutes les deux semaines du printemps à l’automne. Ceci épuisera les réserves de la plante et l’empêchera de produire des graines.

Bâchage : après avoir coupé les tiges et les jeunes pousses, vous pouvez installer une bâche en plastique de couleur foncé sur la totalité de la colonie. Laissez la bâche en place un minimum de 6 mois. La chaleur et le manque de lumière finiront par tuer les plants.

Une fois la colonie éradiquée, il est très important de planter des arbres et des arbustes indigènes. Ces végétaux feront compétition et produiront de l’ombre, ce qui nuira à la repousse du roseau.

Très important, les débris végétaux du roseau doivent être soit séchés et brûlés, soit mis dans des sacs hermétiques et envoyés dans un site d’enfouissement, car un seul petit fragment de la plante suffit à régénérer une nouvelle pousse.

Résistez à l’envie de prélever cette plante pour décorer votre maison
Cette pratique est particulièrement courante lors de la période de l’Halloween. L’éradication de cette plante envahissante représente un travail de longue haleine, c’est pourquoi il est très important de porter une attention particulière à son mode de propagation (par fragmentation, par ses rhizomes ou par ses graines).

La prévention est notre meilleure alliée contre la propagation des espèces exotiques envahissantes.

Pour en apprendre davantage, vous pouvez consulter le dépliant sur le roseau commun, réalisé par Nature Action Québec.